Les coûts salariaux belges devraient augmenter moins rapidement en 2026 que dans les pays voisins. C’est ce qui ressort d’un rapport intermédiaire du Conseil Central de l’Économie (CCE). Selon l’estimation, les coûts salariaux en Belgique augmenteront de 1 à 1,1 % de moins qu’en Allemagne, aux Pays-Bas et en France, par rapport à l’année de référence 1996.
Si cette tendance se confirme dans le rapport final début 2027, cela pourrait créer une marge pour des augmentations de salaire au-dessus de l’index lors des prochaines négociations interprofessionnelles.
Deux scénarios, même direction
Comme syndicats et employeurs ne sont pas d’accord sur l’existence d’un handicap salarial avant 1996, le CCE présente deux scénarios :
- Scénario des syndicats : baisse relative de 1,1 %.
- Scénario des employeurs : baisse relative de 1 %.
Dans les deux cas, il s’agit d’une amélioration relative de la position des coûts en Belgique.
Cette évolution fait suite à une période où l’indexation automatique a fait croître les salaires belges plus rapidement que dans les pays voisins. Entre 2022 et 2025, le handicap salarial a donc augmenté. Aujourd’hui, l’Allemagne et d’autres pays rattrapent leur retard après le choc inflationniste, ce qui conduit à une correction statistique.
Réactions contrastées
Les syndicats voient dans ces chiffres une confirmation de leur critique de la loi sur la norme salariale de 1996. Le président de l’ABVV, Bert Engelaar, affirme que le « handicap salarial » a été éliminé. L’ACV souligne également que, en tenant compte des réductions de charges et cotisations, les salaires belges ont structurellement augmenté plus lentement que dans les pays voisins.
Les organisations patronales restent plus prudentes. La Fédération des Entreprises de Belgique signale un handicap absolu restant d’environ 10 % et une pression sur la rentabilité, notamment dans l’industrie. Il existe un risque que les réductions temporaires de coûts soient annulées par une nouvelle pression salariale.
Le Ministre de l’Emploi, David Clarinval, insiste sur le fait que la loi sur la norme salariale prouve son utilité en protégeant la compétitivité et en évitant les distorsions structurelles.
Qu’est-ce que cela signifie pour le secteur métallurgique ?
Pour les membres de Belmetal, la marge salariale possible est un paramètre clé pour 2027. Si les chiffres se confirment, il y aura la demande pour des augmentations au-dessus de l’index, alors que les coûts salariaux structurels en Belgique restent élevés par rapport aux pays voisins.
Le calcul final du CCE début 2027 déterminera la marge salariale effective et l’impact sur la compétitivité. Les négociations sociales fin 2027 s’annoncent intenses.
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