Sous la direction de Chypre, qui assure la Présidence de l’Union Européenne depuis le 1er janvier 2026, l’UE met en place de nouvelles mesures commerciales pour protéger l’industrie sidérurgique. Cela s’avère nécessaire car la surcapacité mondiale augmente et le marché européen reste ouvert aux importations.
La production mondiale d’acier dépasse largement la demande, ce qui entraîne un afflux d’acier excédentaire vers le marché européen. Dans le même temps, les producteurs européens font face à des prix élevés de l’énergie et à des investissements importants nécessaires pour produire de l’acier à faibles émissions de carbone. La réduction des quotas d’importation et l’augmentation des droits de douane visent principalement à atténuer l’impact des importations.
État des lieux
Les discussions en sont encore à un stade précoce. Le Conseil de l’UE doit approuver deux éléments clés :
un mandat permettant à la Commission européenne de renégocier les quotas d’importation d’acier avec des pays fournisseurs majeurs tels que la Turquie et le Japon ;
et un compromis sur le cadre juridique proposé par la Commission afin de transformer ces mesures commerciales en législation européenne à part entière.
Le Parlement européen devrait adopter sa position au cours du premier trimestre. Les mesures de sauvegarde actuelles arrivant à expiration en juin, le calendrier est particulièrement serré. Chypre, qui assure la Présidence du Conseil, devra piloter les négociations du côté du Conseil.
Principaux points de tension
L’une des principales questions concerne la conformité des nouvelles mesures avec les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Le Parlement Européen pourrait adopter une position différente de celle de nombreux États membres. Néanmoins, un large consensus existe sur la nécessité de soutenir l’industrie sidérurgique et d’éviter toute interruption des mesures de protection après juin.
Perspectives
En l’absence d’accord dans les délais, l’industrie sidérurgique européenne risque de se retrouver sans protection commerciale à partir de la fin du mois de juin. Avec un Parlement attendu au terme de ses travaux dès le premier trimestre, des négociations interinstitutionnelles rapides seront essentielles dans les mois à venir.
.png)