Les partenaires sociaux proposent une alternative à l’indexation – important pour le secteur?

Publié le 28/04/2026

Le débat autour du saut d'index partiel* prévue concerne directement les distributeurs de métaux belges. Non seulement parce que les coûts salariaux représentent un poste important, mais aussi parce que les prix de l’énergie ont un double impact dans ce secteur : via des factures plus élevées et via l’indexation automatique des salaires.

Fait remarquable : les organisations patronales et les syndicats demandent ensemble au gouvernement De Wever de supprimer les sauts d'index partiels et de la remplacer par une alternative. Cette position commune est inhabituelle, car les deux parties sont souvent en désaccord sur les dossiers salariaux et d’indexation.

Que proposent employeurs et syndicats ?

Au lieu d’un saut d’index partiel, les partenaires sociaux veulent que les prix de l’énergie aient un impact moins rapide et moins brutal sur le calcul de l’index.

Concrètement, ils proposent :

• de calculer les prix du gaz et de l’électricité sur la base d’une moyenne des 12 derniers mois ;
• de tenir compte non seulement des nouveaux contrats d’énergie, mais aussi des contrats fixes en cours ;
• d’atténuer ainsi les pics soudains des prix de l’énergie.

Selon eux, l’indexation automatique des salaires serait ainsi plus stable et moins sensible aux chocs temporaires.

Pourquoi cette proposition est-elle critiquée ?

Selon les calculs du Bureau du Plan et de l’ONSS, la proposition présente trois grands inconvénients :

1. Moins de recettes pour l’État

L’Echo et De Tijd indiquent que l’alternative rapporterait environ 352 millions d’euros de moins que l’indexation d’ici 2029.

2. Risques juridiques

Comme la mesure ne s’appliquerait qu’au secteur privé, un traitement inégal entre travailleurs du privé et du public est redouté.

3. Allocations plus faibles et protection du pouvoir d’achat plus lente

Comme l’index progresserait plus lentement, les allocations et pensions les plus basses seraient également adaptées plus tard.

Il semble donc peu probable que le gouvernement reprenne entièrement cette proposition.

Quel impact pour les distributeurs de métaux en Belgique ?

Pour les stockistes-distributeurs de métaux belge, ce dossier dépasse la théorie politique. Il touche directement les coûts salariaux, les prix de l’énergie, la compétitivité et les marges.

1. Les coûts salariaux restent cruciaux

Lorsque les salaires augmentent automatiquement via l’indexation, les charges salariales progressent. Dans un secteur aux marges souvent limitées, cela pèse lourd.

2. Les prix de l’énergie ont un double impact

Les distributeurs de métaux subissent :

• des coûts plus élevés d’électricité et de gaz pour les entrepôts, scies, machines et logistique ;
• des coûts salariaux plus élevés lorsque l’énergie fait monter l’index.

3. Concurrence avec les pays voisins

Les entrepreneurs belges sont en concurrence quotidienne avec les Pays-Bas, l’Allemagne, la France et le Luxembourg.

Si les coûts salariaux augmentent plus vite en Belgique, la position concurrentielle s’affaiblit.

4. La simplicité administrative compte aussi

De nombreuses entreprises dénoncent la complexité administrative de l’indexation en centimes.

Pour les PME du négoce acier sans grand service RH, un système plus simple est plus attractif.

À quoi s’attendre ?

À court terme, l’incertitude demeure. Le gouvernement décidera dans les prochains mois s’il :

• maintient l’indexation en centimes ;
• cherche un compromis ;
• réforme plus largement le mécanisme d’indexation.

La décision finale influencera la structure de coûts de nombreux distributeurs de métaux belges dans les années à venir.

*[L’indexation partiel est une mesure prévue selon laquelle les salariés aux revenus plus élevés perdraient deux fois une indexation de 2 % sur la partie du salaire brut dépassant €4.000. Certaines allocations seraient également partiellement limitées.]